Bimensuel des affaires et de veille économique pour les décideurs

Système bancaire libérien

Les dessous de la fermeture de la First International Bank Liberia
Rachetée en juin 20016 par la Ghana Net Bank Limited qui a repris certains des actifs et activités, la First International Bank Liberia Limited (FIBLL) a causé d’importantes pertes financières pour la Banque Centrale du Liberia (CBL). Conséquence, l’institution d’émission monétaire libérienne à commis, en novembre 2016, le cabinet d’audit international, KPMG, pour auditer les opérations de la FIBLL et ses activités avec de lui sur la période allant de 2006 au 04 juin 2016.

Mal gouvernance systématisée…
Le rapport de l’audit remis au gouvernorat de la Banque centrale du Libéria en juillet dernier est confidentiel. Le Fmi, dans le cadre de son appui technique et financier au Liberia, exige la diffusion d’un résumé, justifiant que ce serait un gage de transparence. Le document, dont La Lettre d’Affaires a pu prendre connaissance du contenu, conclut à une mal gouvernance manifeste de la FIBLL. Il révèle, qu’en réalité, l’établissement bancaire n’a cessé de faire des pertes financières, depuis ses premiers exercices comptables jusqu’à sa fermeture et cession de certains de ses actifs et opérations à la Ghana Net Bank Liberia Limited, en juin 2016. Son capital, érodé année après année en raison d’une gestion opérationnelle et financière totalement irrationnelle, la banque était dès 2013 totalement insolvable. Une situation dont la CBL n’avait pas connaissance, les dirigeants de la FIBLL, ne requérant pas les autorisations requises de la Banque centrale pour les opérations qui en nécessitaient réglementairement avant de les exécuter.

… pour une ardoise d’environ 3 milliards de dollars US
En effet, comme le relève le rapport d’audit, la FIBLL s’est affranchie de la réglementation bancaire et des exigences prudentielles minimales. Fraudes, vols, système de contrôle interne défectueux, crises de liquidité, infractions diverses à la réglementation bancaire, sous-capitalisation… auront été les caractéristiques principales de la gouvernance de la banque. Et le rapport d’audit de noter, à cet effet, « des prêts et des avances consentis à des particuliers et entités, clients depuis bien moins des six réglementaires et/ou offrant très peu, sinon pas du tout, de garanties», « des prêts hors de proportion à des administrateurs de la banque ». La facture totale des diverses formes de méfaits financiers relevés dans la gestion de la FIBLL est estimé à plus de 3 milliards de dollars US. Le niveau d’exposition de la Banque centrale du Liberia à la FIBLL à juin 2016, est lui estimé par le rapport d’audit à 17,54 millions de dollars US.

A en croire un responsable de la CBL, le rapport de l’audit a été remis au gouvernement actuel du Liberia, depuis le mois d’août 2017, et des suites judiciaires et financières devant en être données très prochainement. Issues qu’espère également mezza voce le Fmi. Mais en attendant, au niveau de la Banque centrale, divers  ajustements techniques et réglementaires auraient été opérés pour mieux surveiller le système bancaire et prévenir, à l’avenir, les dérives managériales et financières mises à nu par les investigations de KPMG.
Rappelons que la Ghana Net Bank Liberia Limited qui a repris une partie des activités de la FIBLL, y a investi 18,5 millions de dollars US et relancer les activités.

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