Bimensuel des affaires et de veille économique pour les décideurs

Reprise économique en zone Cemac : Pourquoi le Cameroun est « essentiel » pour la viabilité

Qu’importe que le Président Paul Biya, s’accorde des séjours de plus en plus longs à l’extérieur du pays, ou que les Conseils de Ministres réguliers sous sa présidence effective soient une pratique très exceptionnelle dans sa gouvernance politique, le Cameroun se porte, économiquement, bien mieux que les autres pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Et se serait là, l’important ! Car, dans la fragile reprise économique actuelle de cette partie du continent, le rôle d’impulsion de Yaoundé dans l’effort régional pour ne pas « dévisser » est jugé, par le Fonds monétaire international (Fmi), « essentiel » pour la viabilité de cette reprise. Même si, le pays a dû faire en 2017 avec des recettes inférieures aux prévisions budgétaires avec comme corollaire un creusement de son déficit budgétaire. Et qu’il est exposé en cette année 2018 à de réelles tensions en matière de dépenses avec les échéances électorales dans quelques mois et l’organisation en 2019 de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football.

La CAN 2019 comme booster de l’économie
D’ailleurs, les autorités aidées par le Fmi –qui a gratifié le pays d’un décaissement opportun d’un peu plus de 117 millions de dollars US dans la dernière quinzaine de décembre 2017-, sont déjà à la manœuvre pour « conjurer » cette perspective sombre. Elles se sont engagées à redoubler d’effort « pour élargir l’assiette fiscale hors pétrole, mieux hiérarchiser les dépenses, limiter strictement et réserver leurs nouveaux emprunts aux projets qui produisent de solides résultats sur le plan social et la croissance ». L’approche de la CAN 2019 avec l’accroissement des activités que cela va induire dans le secteur de la construction, la montée en puissance de nouvelles activités de production de gaz naturel et le regain de dynamisme de la production des industries manufacturière et agroalimentaire dont les prémices sont déjà perceptibles, devront induire, avec l’amélioration de l’approvisionnement des entreprises industrielles en énergie, un renforcement de l’investissement du secteur privé, la création d’emplois et une diversification plus poussée de l’économie camerounaise.

Une brise légère de relative sérénité souffle sur le Palais d’Etoudi. Signe de cet état d’esprit, la loi de finances pour la gestion 2018 du Cameroun est bâtie sur une hypothèse de croissance de 4,2% du Pib (alors que celle-ci était tombée de 4,5% Pib en 2016 à 3,7% environ en 2017). De quoi embellir, les perspectives de croissance de la Cemac.

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